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Source : Haaretz

Adaptation : France Israël Amitiés Echanges.

 

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"J'ai explosé de colère quand j'ai appris que Mike Leigh et Ken Loach avaient appelé au boycott des films israéliens", dit l'acteur, réalisateur et scénariste français Pascal Elbe.

"En tant que Français, je vois dans la culture, comme dans les milieux universitaires, une nécessité constante au dialogue. Quels ponts veulent-ils couper? Réduire le cinéma israélien au silence? C'est ridicule! Après tout, le cinéma israélien véhicule également la critique et c'est l'une des raisons pour lesquelles il a du succès. Il touche à des questions pertinentes et douloureuses, à un moment où en France, on préfère faire des comédies stupides qui ont un suucès assuré et qui ne remettent pas en cause quoi que ce soit. "

Elbe, qui cette année est le président du jury du 11ème Festival du film israélien à Paris, arrivera en Israël le mois prochain pour présenter deux de ses films.

Son premier est sorti l'année dernière, "Tête de Turc», pour lequel il a été nominé pour un César (l'Oscar français) dans la catégorie du meilleur premier film. Dans cette réalisation, qui a reçu des critiques mitigées mais qui a été un succès au box-office, Elbe y joue le rôle d'un médecin arménien appelé au secours d'une femme mourante dans un quartier pauvre de Paris. Des jeunes du coin, pensant que c'est une voiture de police, y mettent le feu aprsè q'un adolescent turque jette un cocktail molotov. Pris de remords par ce qu'il a fait, le garçon se précipite alors pour sauver le médecin du véhicule en feu.

L'intrigue du film se déplace d'avant en arrière entre les questions d'ordre moral sur le rôle de la police et les questions de solidarité sociale. Il met en avant également les tensions politiques en France, tel que cela s'exprime à travers la relation entre l'adolescent turc et le médecin arménien.

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«Le travail sur le film était une aventure, artistiquement parlant," dit Elbe. "En France, il n'est pas facile de produire des films, surtout pour ceux qui traitent des questions sociales sensibles. Avant le début du tournage, je me suis dit que ce film pourrait aussi être le dernier que je ferai, mais je voulais y aller simplement avec mes idées.

 

Après 15 ans d'interprétation, le passage à la direction a été une étape très importante, dit Elbe.

"Aujourd'hui, le cinéma commercial en France offrent deux alternatives soit quelques comédies populaires ou des films dramatiques et graves » a t-il expliqué. "Il y a très peu de bonnes comédies. Elles sont beaucoup plus difficiles à écrire, et il est également nécessaire de savoir comment faire un bon drame. Le bonheur ne se filme pas facilement, mais il est plus facile de faire un film si c'est une succession d'évènements tristes et d'incidents dramatiques.

"Les gens ne vont pas au théâtre pour écouter une histoire. Ils veulent s'amuser de vivre quelque chose. Je voulais faire tomber ces cadres. Le succès du cinéma des pays comme l'Argentine, le Mexique et Israël trouve sa raison d'être dans le fait que les films de ces pays sont à la fois drôles, tristes et plein de suspense. "

Le regard d'Elbe s'illumine quand il parle de la mise en scène. Il reconnaît que ce passage, entre autres choses, est aussi pour lui un investissement sur l'avenir.

«Mon sort comme un acteur est déjà défini, en effet. J'ai été destiné à des rôles de comédie comme amant, ami ou mari. De cette façon, d'ici quelques années, l'industrie pourra m'enterrer, a t-il expliqué. "Mais en tant que metteur en scène, pour la première fois je peux choisir les histoires qui m'intéressent, les acteurs, je peux travailler avec les rôles et je m'intéresse au jeu d'acteur. J'ai décidé de changer mon destin et je me suis donné le droit de parler."

 

En tant que réalisateur, Elbe a choisi de s'attaquer brutalement au quotidien  de la vie sociale en France. En tant qu'acteur, il a été essentiellement reconnu pour ses rôles comiques. Le scénario de la comédie romantique kitsch est typique de la carrière d'acteur de Pascal Elbe, il sait comment adapter habilement le caractère sensible et beau macho.

En 2006, Elbe a tenté de défier ce genre avec sa comédie romantique, "Mauvaise foi", qu'il a co-écrit avec l'acteur Roschdy Zem. Le film raconte l'histoire d'amour de Clara (Cécile de France), qui est juive, et Ismael (Zem), qui est musulman. Les deux doivent composer avec le refus de tout leur entourage d'accepter leur relation. C'est une sorte de version française d'une comédie de Ben Stiller, en se concentrant sur les familles juives et les autres, mais la France n'est pas l'Amérique et un couple judéo-musulman y est encore à peu près une anomalie sociale.

Le scénario réussit à provoquer des rires y compris dans des milieux où l'on s'attendait à du silence ou de l'embarras. Dans une scène du film, Ismael vient portant des fleurs pour les parents de Clara. La mère ouvre la porte, prend les fleurs et remercie la personne qu'elle croit être un livreur arabe.

"Il était important pour moi», dit Elbe, "de se moquer des distinctions sociales faite entre les juifs et les musulmans en France. Il n'y a pas de meilleure façon de discuter de ces questions que par l'humour."

Tag(s) : #culture-lire-écouter-voir

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