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Source : Jerusalem Post

Reportage : Ron Friedman.

Video : YouTube - barol60.
Adaptation française : AFIAE «lesamisdisrael»

 

Un autocar rempli de touristes, de diplomates et de journalistes a découvert début octobre à Jénine un nouveau projet touristique commun entre le Conseil Régional de Gilboa et le Gouvernorat de l'Autorité Palestinienne de Jénine.

Le programme vise à profiter de l'accalmie relative pour relancer le tourisme des deux côtés de la Ligne verte. Le panel de touristes fut choisi parmi un groupe de touristes allemandes qui se trouvaient en Israël, à l'invitation du Conseil de Gilboa, et qui participaient à une randonnée internationale en jeep pour promouvoir la paix.

Au plus fort de la deuxième Intifada, Jénine était la base de départ pour les kamikazes palestiniens visant Israël et est devenu célèbre en Cisjordanie sous l'appellation de «Capitale des suicid bombers». Aujourd'hui, bien que la situation sécuritaire se soit considérablement améliorée, et que les agents de la sécurité palestinienne, formés sous la supervision des forces américaines, soient déployés dans la ville, il y a encore des preuves du soutien aux extrémistes. Les peintures, les graffitis, les posters de «martyrs» et anti israéliens sont présents dans toute la ville et couvrent de nombreux murs.

Baracat Abdallah, directeur du gouvernorat général, a accueilli les visiteurs à Jénine, au nom du gouverneur Musa Kadura et des habitants de Jénine.
M. Kadura lors d'une réception dans ses bureaux a déclaré «Les portes de Jénine sont ouvertes à tout le monde. C'est votre première visite, et j'espère que ce n'est pas la dernière". Il a ajouté que Jénine souhaiterait également accueillir les Israéliens juifs, qu'ils étaient les bienvenus, mais pas les colons. Il a conclu en invitant les visiteurs étrangers à répandre le message que Jénine est ouverte au tourisme et qu'elle veut se libérer de l'occupation.


L'église Saint Georges à Burqin.

Ensuite le car est parti pour la première excursion de la journée, une vieille église de 2000 ans dans la banlieue ouest de Burqin, commémorant un lieu où Jésus aurait guéri un groupe de lépreux. L'église Saint-Georges est un ancien lieu de culte qui remonte aux temps bibliques. L'accueil est fait par le gardien local qui conte toute l'histoire.

Selon la tradition chrétienne, Jésus traversait la ville alors qu'il allait de Galilée à Jérusalem. Sur son chemin, il entendit des cris de détresse provenant d'un gouffre dans le sol. Il y trouva un groupe de dix lépreux mis en quarantaine dans une ancienne citerne. L'Evangile de Luc rapporte que Jésus a ressenti de la compassion pour leurs souffrances, et les a guéri.

Le bâtiment lui-même est composé de deux sections: la grotte originale dans laquelle vivaient les lépreux et une salle qui a été construite sur son pourtour des centaines d'années plus tard. Les deux parties sont couvertes de peintures représentant la guérison de Jésus, ainsi que les images colorées des martyrs et des saints. L'Eglise, de culte orthodoxe grecque, est actuellement fréquentée et entretenue par environ 20 familles chrétiennes qui vivent aux alentours.

L' église St. Georges est considérée comme la quatrième église plus ancienne au monde, et les responsables de Djénine espérent qu'elle deviendra une attraction majeure du tourisme chrétien dans la région.


L'huilerie de Ahmed Abu Farha.

La prochaine étape fut la visite d'une récente raffinerie d'huile d'olive. L'établissement est situé au milieu d'une grande plantation d'oliviers et s'approvisionne auprès des producteurs locaux. L'unité est la propriétié de la société Canaan Fair Trade spécialiste du commerce équitable et elle est certifiée «commerce équitable et produits biologiques. » Son dirigeant, M. Ahmed Abu Farha a précisé que la fabrique emploie 12 employés permanents et 20 travailleurs saisonniers et qu'elle achète ses olives à 1700 agriculteurs de toute la Cisjordanie.

La visite s'est achevée à la boutique conçue dans un décor rustique. Outre l'huile d'olive, la société propose également un large éventail d'autres produits biologiques locaux (miel, tomates séchées, épices et couscous) tous exposés sur des étagères, le tout dans un cadre attrayant auréolé de gerbes de blé et de branches d'olivier.

En face de la fabrique, une famille palestinienne s'affaire à la cueillette. Les membres âgés de la famille battent les arbres afin que les olives mûres soient secouées et les enfants ramassent les olives tombées sur une grande bâche étendue sur le sol. Ahmed Abu Farha précise que certains de ces agriculteurs avaient des difficultés à travailler leurs terres en raison des points de contrôle des Forces de Défense d'Israël et de la barrière de sécurité et qu'à plusieurs reprises ils avaient ont eu des déboires avec les colons qui tentaient d'interrompre leur récolte.


Le tunnel de Khirbet Belâme.

Jénine a aussi un attrait archéologique. Sur une colline dans un des vieux quartiers de la ville il y a un tunnel creusé à la main, qui a été utilisé pour acheminer l'eau dans la ville fortifiée il y a des centaines d'années. Le tunnel, qui n'a été que partiellement fouillé, s'étend sur 50 mètres sous terre. Il mène, à partir du bas d'une colline, à ce qui était autrefois le cœur d'un ancien village où ont été trouvés des fragments des périodes byzantines, romaines et du temps des Croisés.

Par rapport à des sites archéologiques en Israël, Khirbet Belâme est encore assez peu développé. Le tunnel, rénové, est muni d'escaliers et d'un éclairage ultramoderne mais n'emploie pas (pour le moment) de guides touristiques. Des fouilles supplémentaires sont programmées.


Le complexe Haddad.

Le déjeuner a lieu au plus grand hôtel de la région, un nouveau complexe de loisirs appartenant à la famille Haddad, une famille palestinienne de la région qui a fait fortune au Liban dans la commercialisation de matériel agricole. L'hôtel propose 40 chambres luxueuses ; il y a également une piscine et un parc d'attractions. Un auditorium est en construction. Les prix à l'Hôtel Haddad sont très bon marché par rapport aux hôtels d'Israël et une famille peut s'attendre à payer à peine plus de 150 € pour un séjour week-end. On y sert d'excellents plats locaux et le café traditionnel.


Le marché.
La dernière partie du voyage a été consacrée à la visite au marché de la ville. Le marché s'étend largement dans le centre-ville et il propose une grande variété de produits à des prix beaucoup moins chers qu'en Israël.

À la fin de la journée, les touristes ont affirmé qu'ils avaient beaucoup apprécié la visite et qu'ils se sont sentis en sécurité tout au long de leur périple. Avec la participation du gouvernement espagnol qui a offert un million d'euros destinés à l'amélioration des infrastructures touristiques, à la formation de guides et à la promotion, une visite de deux jours à Jénine devient une option sérieuse pour le touriste étranger qui veut prendre part à la paix économique.

«La paix dont on parle si souvent doit commencer par ce genre de projets", dit Danny Atar, président du Conseil régional de Gilboa. « Nous continuerons à faire tout notre possible pour promouvoir ces projets, parce que c'est notre vision du monde - le travail des dirigeants est de créer de l'espoir. Je crois qu'aujourd'hui nous avons une formidable occasion d'apporter des changements. »

"Dans un lieu comme Djénine, qui souhaite développer un leadership en la matière et en toute sécurité, nous sommes en mesure d'apporter le moyen ultime d'éliminer la violence et de nous concentrer sur des choses comme le tourisme et les loisirs, qui sont deux des belles facettes de la vie », ajoute Atar.

Le projet touristique commun aux deux collectivités bénéficie du soutien de deux figures clés du gouvernement israélien, le ministre de la Défense Ehud Barak, qui a accepté d'assouplir les restrictions et d'ouvrir le passage pour les arabes israéliens et les touristes étrangers, et le ministre de la coopération régionale, M. Silvan Shalom, qui a pris un intérêt personnel à la promotion de divers projets de coopération.


En plus de l'aspect touristique, les deux régions ont également convenu de promouvoir la construction d'une zone industrielle commune de part et d'autre de la frontière. L'idée est que les Palestiniens produisent des objets artisanaux fabriqués localement et qu'ils les exportent dans le monde par la zone de Gilboa. Un autre projet est dans les cartons, il s'agit de la création d'un centre culturel et linguistique commun où Israéliens et Palestiniens échangeraient les enseignements de l'arabe et de l'hébreu et les recherches en matière de patrimoine culturel.


A ce jour, Jénine n'est pas encore prêt à absorber un afflux considérable de touristes. L'infrastructure touristique de la ville est encore sous-développé et il reste beaucoup à réaliser. Si la situation reste stable et que l'économie continue de s'améliorer, on peut espérer une forte adhésion des habitants et le modèle sera un encouragement y compris ailleurs. Jénine est une excellente destination pour les gens qui veulent être les premiers témoins de la transformation d'une région qui a été tristement célèbre par les gros titres de l'actualité sanglante des journaux.


Video : le soutien de Gilboa à Jenine (en anglais)
source : YouTube

auteur : barol60




 

Tag(s) : #tourisme-voyage

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