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Théo Tobiasse :
Jaffa...                                      Paris... 
                   New York...
                                                       
Jerusalem…

       Saint Paul de Vence...

1917-1918 Durant la Première Guerre mondiale, les parents de Théo Tobiasse quittent la Lituanie et s'installent en Russie, à Kharkov. La révolution russe a éclaté. Leur premier enfant, un garçon, meurt de faim. Ils retournent en Lituanie. 1924 - Anna, la sœur de Théo, naît à Kovno (Lituanie).

1925 - La famille émigre en Palestine.

1927 - Théo Tobiasse naît le 26 avril, à Jaffa (aujourd'hui Israël)

1929-1931 Les conditions de vie des parents de Théo sont très difficiles. Ils décident de retourner en Lituanie, où Théo engrangera les souvenirs les plus marquants de sa vie. Devant la menace des pogroms en Europe de l'Est, le père de Théo, Chaïm, décide de se fixer en France.

1932-38 Avec sa mère Brocha et sa sœur, Théo rejoint à Paris son père qui a trouvé un emploi de typographe dans une imprimerie russe. Son enfance se partage entre les terrains vagues et les carrières de Montreuil-sous-Bois et le cercle familial évoquant de nostalgiques souvenirs de Lituanie.

Il visite l'Exposition Universelle de Paris (1937) où il est émerveillé par "La fée Electricité" de Raoul Dufy

1939-44 Sa mère meurt le 16 juin 1939, trois mois avant le déclenchement du conflit mondial.

Après l'entrée des troupes allemandes dans Paris, la famille de Tobiasse renonce à l'exode par manque de moyens.

L'entrée de l'Ecole des Arts Décoratifs lui est refusée pour des raisons raciales. Il s'inscrit dans un cours privé de publicité. Deux de ses oncles, envoyés dans des camps, ne reviendront jamais. Lui-même est arrêté par la Gestapo pendant vingt-quatre heures. Le famille échappe à la rafle du Vel d'Hiv et vit cachée dans un appartement pendant deux ans.

Durant ces années menaçantes, Tobiasse se réfugie dans la lecture assidue des textes classiques, s'imprègne de mythologie grecque, et dessine.

1944-1947 Après le débarquement des Alliés, muni de ses dessins, Tobiasse trouve un premier emploi, en septembre 1944, chez l'imprimeur d'art Draeger. Il fait l'apprentissage de toutes les techniques mises à sa disposition.

Il côtoie les artistes et les étalagistes de renom. Il passe du décor de théâtre aux vitrines d'Hermès du Faubourg Saint-Honoré, réalise des cartons de tapisserie, et décore des meubles. Il se marie en décembre 1947. 1948-58 Il découvre la Baie des Anges à Nice, et s'y installe en 1950. Il gagne sa vie en réalisant des conditionnements pour les parfums, des poteries, des catalogues publicitaires, et, pendant quelques années, l'album du Carnaval.

En décembre 1954, sa fille Catherine naît, à la villa "La Licorne" sur les hauteurs de Nice.

1959 - Au col de Vence, il découvre le paysage du plateau Saint-Barnabé, qui semble opérer la synthèse alchimique de son enfance et de sa vie récente. Trois grandes toiles sont peintes simultanément pour rendre compte de ce choc.

1960 - Ses premières toiles sont exposées au Salon des Peintres du Sud-Est.

1961 - Il obtient le Prix de la Jeune Peinture Méditerranéenne. Armand Drouant le prend sous contrat dans sa galerie parisienne. Sa première exposition personnelle a lieu au Musée du Bastion, à Antibes. Suivent des expositions à Tokyo, Genève et Montréal. Il obtient, à Nice, le Prix Dorothy Gould.

1962 - Lors d'une visite au Rijksmuseum d'Amsterdam, la confrontation avec une toile de Rembrandt, "La Fiancée juive", lui révèle le sens de la matière et des couleurs, et la nécessité de donner vitalité et relief à sa vision. Il expose pour la première fois à Paris, à la Galerie Drouant.

1963 - Expositions, entre autres, au Musée Galliéra à Paris ("Les peintres témoins de leur temps"), et à la Biennale de Paris.

1964 - Tobiasse commence à puiser dans ses souvenirs d'enfance. Il inclut des "paysages reliques" dans ses nouvelles créations. Il visite Londres, où il exposera. Il commence également à s'inspirer de la tradition de son peuple. Le Musée d'Epinal acquiert l'une de ses œuvres.

1965 - Il expose à Paris, Nice, Saint-Paul-de-Vence, Colmar, Montréal, Locarno et Cannes.

1966 - Venise devient une source d'inspiration importante : Tobiasse y voit un miroir de sa vie, faite d'influences entremêlées. Zurich, Lausanne, Kiev accueillent ses œuvres. Il réalise ses premières sculptures.

1967 - Ses œuvres sont exposées au Pavillon du Judaïsme de l'Exposition Universelle de Montréal, et au Musée de l'Art Juif à Paris.

1968 - Première exposition personnelle à New York.

1969 - Tobiasse réalise un premier album de 18 lithographies sur le thème de la "Diaspora".

1970 - Après un voyage en Israël, le thème principal de son œuvre s'impose, puisant dans la Bible, dans l'histoire du peuple juif et dans l'enfance à l'heure de l'exode. Le mélange de ces sources s'épanouit avec l'emploi de différentes techniques.

1971 - Il s'intéresse aux multiples techniques de gravure, et réalise ses premières planches à l'atelier Lacourière à Montmartre. Puis il acquiert sa propre presse. Expositions, entre autres, à Caracas, Philadelphie, Bâle.

1972 - Il se sépare de sa femme. De nouveaux thèmes apparaissent. Les femmes, les fleurs géantes, la sensualité rayonnent dans toute son œuvre.

1973 - Il visite Hong Kong et la Malaisie. Expositions, entre autres, à Jérusalem et Johannesburg.

1974 - Exposition d'estampes à Hambourg.

1975 - Il participe à l'émission télévisée "Les Dossiers de l'écran", consacrée à Michel Ange. Il achète un vieux mas à Saint-Paul-de-Vence, où il retrouve la même qualité de lumière qu'à Jérusalem et Florence.

1976 - Il donne une conférence à l'Institut Supérieur des Carrières Artistiques, à Paris.

1977 - Josy Eisenberg réalise un film sur Tobiasse pour la télévision française ("Dis-moi qui tu peins").

1978 - Première exposition à la Nouvelle-Orléans (Nahan Galleries). Kenneth Nahan devient son marchand et édite son œuvre graphique.

1979 - La Bibliothèque Nationale (Paris) acquiert plusieurs de ses gravures et lithographies.

1980 - Tobiasse voyage de plus en plus. Il découvre le jazz à la Nouvelle-Orléans. Il est fasciné par les Totems, et comprend l'usage qu'il pourra en faire dans sa peinture. Il réalise 18 lithographies illustrant les Contes d'Andersen. FR3 tourne un film dans son atelier.

1981 - Il voyage au Mexique. L'art des anciennes cultures l'influence. Il visite San Francisco. La matière des surfaces verticales du grand Canyon trouvera place dans son œuvre.

1982 - Il crée quatre vitraux sur le thème des "Fêtes Juives", et une fresque (Que tes tentes sont belles, ô Jacob) pour le Centre Communautaire Juif de Nice. Il peint moins, emploie de plus en plus de techniques mixtes, développe le dessin, le pastel et de nouvelles techniques de sculpture. Il continue à voyager à travers les Etats-Unis. Il est fait Citoyen d'Honneur de la Nouvelle-Orléans. Rencontre Elie Wiesel à New York. Il obtient la "Médaille de Vermeil" de la Ville de Paris.

1983 - Une exposition rétrospective de son œuvre est organisée à Nice, au Musée d'Art Contemporain de Ponchettes. Tobiasse visite à nouveau le Rijksmuseum et revoit l'œuvre de Rembrandt, qui l'a si fortement influencé. Publication de "Tobiasse - Important Works", avec un texte de Albert Memmi.

1984 - Il divorce, après douze années de séparation avec sa femme. Il séjourne et travaille à New York. Cette ville de l'exil, ce carrefour des peuples devient l'un des thèmes importants de son œuvre. Il partagera désormais sa vie entre Saint-Paul-de-Vence et New York. Il offre une toile (Les Trains de la terreur des bords de la folie) au centre Simon Wiesenthal à Los Angeles.

1985 - Influencé par les proportions gigantesques de New York, il commence à travailler à plus grande échelle. Ses personnages débordent des limites du tableau. Chaïm Potok lui consacre une monographie, "Tobiasse - Artist in Exile"

1986 - Nombreuses expositions aux Etats-Unis, en France, en Suisse et création d'une affiche sur le thème de l'éducation pour l'UNESCO.

1987 - Il décore l'entrée du Palais Acropolis, à Nice, avec deux grands panneaux muraux sur le thème de la liberté. Il emploie une nouvelle technique de bois stratifiés et colorés, utilise le relief, se libère des règles traditionnelles de la peinture. Les mots apparaissent de plus en plus souvent dans ses œuvres. Trois expositions au Japon.

1988 - Il commence à remplir des carnets qui le rapprochent du "quotidien".

1989 - Inauguration de la "Chapelle Tobiasse" (Chapelle Saint-Sauveur, au Cannet). Sur le thème "la vie est une fête", il a réalisé un ensemble faisant appel à une grande variété de techniques : un retable de trois panneaux monumentaux en relief, une mosaïque, cinq vitraux, une sculpture en métal découpé et peint. Cette œuvre, conçue comme une sorte d'aboutissement résume sa quête de la lumière et de la liberté.

1990 - Suite à un nouveau séjour à Venise, il réalise de nombreux dessins sur la ville.

1991 - Le Japon lui rend hommage en exposant ses dernières œuvres dans six grandes villes.

1992 - Il découvre la scénographie avec la création de décors et de costumes pour le théâtre de marionnettes (Pygmalion, de G.B. Shaw, Compagnie Arketal). Il prépare un récital inspiré de ses "Carnets écrits" (Réalisation de Frédéric Altmann, musique et chansons de Gilbert Trem). Il entreprend douze vitraux (Le Chant des prophètes) pour la grande synagogue de Nice. Il travaille sur une série de gouaches. Il crée un album de lithographies pour le cinquième centenaire de l'expulsion des Juifs d'Espagne (C'était il y a cinq cents ans…). Inauguration de sept vitraux (Le Jardin des Psaumes), au Centre Communautaire Juif de Strasbourg (L'Esplanade). Voyage à Venise, Caracas. Découverte de Prague.

Parution, aux Editions de La Différence, de deux albums : "Les Venise de Tobiasse", et "Tobiasse - Dessins et écrits".

Sources : visites conseillées !    www.dimagallery.com/      www.theotobiasse.com/

Tag(s) : #culture-lire-écouter-voir

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