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A quinze jours des élections législatives, les enjeux économiques et sociaux semblent relégués derrière les préoccupations politiques et sécuritaires.

Et pourtant, les Israéliens devront choisir entre trois logiques économiques diamétralement opposées: le néolibéralisme de Netanyahou, le libéralisme pragmatique de Livni et l’interventionnisme de Barak.

Nous avons réuni ci-dessous les principales propositions des trois grands chefs de partis. Les enjeux immédiats ne manqueront pas: vote du Budget 2009, financement de la facture de la guerre à Gaza, ralentissement économique et aggravation du chômage.

NETANYAHOU: MOINS D’IMPÔTS, PLUS DE CONCURRENCE

La pièce maîtresse du programme économique du candidat Netanyahou est la baisse des impôts. Il vient de le répéter devant le Congrès annuel du Patronat israélien: la tranche maximale des impôts sur le revenu sera abaissée de 46% à 35%, l’impôt sur le bénéfice des sociétés passera de 27% à 18%.

Un autre volet du programme de Netanyahou concerne les réformes structurelles, appelées tantôt “déréglementation” et parfois “privatisation”. Cette année, l’accent est mis sur la réforme du marché foncier: la gestion des terres publiques, qui relève de l’”Israel Land Administration”, sera modifiée pour lever les freins bureaucratiques et accélérer les projets immobiliers.

Le troisième volet concerne les investissements en infrastructures: le développement des routes et chemins de fer sera accéléré pour “rapprocher le Néguev et la Galilée du centre du pays, ce qui permettra d’élargir le marché du travail et de réduire les écarts sociaux”.

Le programme économique du Likoud met aussi l’accent sur le soutien public à la Recherche & Développement, le renforcement de l’enseignement supérieur et l’aide à l’emploi des scientifiques et ingénieurs.

Netanyahou reste donc fidèle à l’économie de marché et au néolibéralisme économique: moins d’impôts favoriserait la croissance et l’emploi, ce qui permettrait d’augmenter les recettes fiscales. Et moins d’Etat favoriserait l’initiative privée dont les retombées profiteraient aussi aux catégories plus défavorisées.

LIVNI: DES INVESTISSEMENTS MASSIFS DANS LES INFRASTRUCTURES

La candidate Tzipi Livni n’a jamais vraiment dévoilé son credo économique. Comme tous les partis du centre, Kadima se veut pragmatique: Livni répète à qui veut l’entendre qu’Israël doit adopter “une politique prudente et conservatrice, éviter une augmentation inutile des dépenses publiques et soutenir les moteurs de la croissance, principalement les exportations industrielles et technologiques”.

Malgré son pragmatisme de façade, Livni est donc une libérale convaincue. Elle approuve la baisse des impôts, les coupes budgétaires, la réduction des dépenses sociales et elle s’est même opposée au relèvement du salaire minimum.

Livni accorde aussi une grande importance aux investissements dans les infrastructures comme éducation, énergie et dessalement de l’eau. Elle affirme qu’elle favorisera l’éducation technologique, même si ce n’est pas “de bon ton”.

Pour faire face à la crise actuelle, Livni propose un soutien public aux PME, des crédits à la R&D, des programmes de reconversions professionnelles et une réforme de l’assurance chômage.

Livni se dit particulièrement préoccupée par la bureaucratie: elle prône une réforme du secteur public et elle encouragera un allégement de procédures et des formalités que le citoyen doit accomplir face à l’Administration.

BARAK: ACCROÎTRE LE DÉFICIT PUBLIC .  RELANCER LE PROCESSUS DE PAIX

Le programme économique que le candidat travailliste défendra en 2009 peut se résumer en trois mesures qui relèvent des finances publiques, des marchés financiers et de la politique régionale.

Le premier volet concerne les finances publiques. Le candidat Barak prône un accroissement du déficit public pour relancer la croissance, lutter contre le chômage et investir dans les infrastructures.

Ehoud Barak propose aussi de favoriser la régulation du marché financier. Objectif: renforcer la transparence des opérations financières et accroître la confiance des épargnants israéliens dans leurs institutions financières.

Le troisième volet du programme économique de Barak relève davantage de la politique mais il a des retombées économiques évidentes. L’objectif est de relancer les négociations israélo-palestiniennes, si possible dans le cadre d’un règlement régional du conflit. Le candidat travailliste reste convaincu que la paix dans la région constitue le meilleur levier de la croissance économique: les investissements étrangers afflueront et la coopération régionale dans le domaine de l’eau et du tourisme profitera à tous les pays frontaliers d’Israël.

Reste à savoir si l’électeur israélien saura distinguer les enchères électorales des propositions réalistes. Réponse le 10 février prochain. A ce jour près de 30% de l'électorat ne sait toujours pas qui choisir parmi la douziane de listes candidates.
SOURCE : Jacques Bendelac IsraelValley.



Tag(s) : #Actualité-évènement-politique

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