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 "Obama, Mitchell, oubliez le renforcement de la confiance" l'éditorial de  Zvi Bar¹el. 

 

L¹engagement pris par le président Barack Obama de "rechercher avec agressivité la paix au Moyen-Orient" est tiré de la boîte à outils du processus de paix de George Mitchell [nommé émissaire spécial par Obama,ndt]. Ne vous y trompez pas, Mitchelll est un type bien, qui a réussi à faire avancer le processus de paix en Irlande du Nord. Le nouveau président américain ne peut pas être accusé de ne pas avoir l¹intention de faire avancer le processus de paix avec agressivité. Et même, on n¹attend de lui que cela.

Malgré tout, l¹expérience passée du sénateur Mitchell sur la scène du Proche-Orient devrait nous alerter. Mitchell, qui en 2001 avait écrit un rapport sur le début de la deuxième Intifada, qui contenait un certain nombre de propositions à la fois sages et réalisables, a dit à Aaron Miller, conseiller auprès de six secrétaires d'Etat, que "l¹administration [américaine] s¹attendait à que ses recommandations se mettent en oeuvre d'elles-mêmes", car personne dans ladite administration n¹avait envie de les pousser.

Au sein de l¹administration israélienne, en revanche, il y eut ceux qui ont torpillé ces recommandations,puis celles de George Tenet, puis la Feuille de route, apparue plus tard. Le secret de l¹échec du plan et du succès de la manipulation israélienne repose sur trois mots : "confidence building measures" (mesures de renforcement de la confiance). Ce fut le fil dans lequel le processus tout entier s¹est emmêlé les pattes.

Toute phrase parue dans les médias palestiniens, toute incitation à la violence, réelle ou imaginaire, tout tir, intentionnel ou non, devenait le test ultime de ces "mesures de renforcement de la confiance". Chaque côté se préoccupait jusqu¹à en devenir fou de recueillir la preuve que l¹autre mettait à bas la confiance. L¹objectif d¹Israël était de bloquer le passage de l¹étape des fameuses mesures à celle de la reprise des négociations. L¹objectif des Palestiniens était de prouver aux Américains qu¹Israël ne respectait pas les conditions du plan Mitchell. Chaque côté a mené une
guerre de preuves à destination de l¹administration américaine. Les négociations diplomatiques furent oubliées et le rapport Mitchell finit dans un tiroir.

Obama, la secrétaire d¹Etat Hillary Clinton et les représentants de Mitchell pourraient, dans environ trois semaines [les élections israéliennes ont lieu le 10 février, ndt], avoir affaire à une nouvelle administration israélienne qui sera "heureuse" d¹adopter une fois de plus le plan Mitchell en même temps que la bombe à retardement des « mesures de renforcement de la confiance ». Quand un stratagème marche, on le brevète. Israël de Benjamin Netanyahou et Tzipi Livni ressortira donc la défunte Feuille de route et recommencera à lister une série de conditions que les Palestiniens doivent remplir pour mériter le titre de « partenaire ». C¹est ainsi qu¹Israël agit en général quand les Américains viennent relancer le processus de paix : "Bien sûr, nous voulons la paix et toute initiative américaine est bienvenue, mais voici une liste de 14 (ou 24) objections", dit en général Israël. Commençons par en discuter et, ensuite, nous verrons comment avancer. Après tout, il nous faudra bien supporter 4 ans d¹administration américaine.

L¹administration Obama ne peut pas faire de miracles. Elle ne peut pas faire la paix quand l¹un des partenaires préfère les colonies et l¹autre n¹exerce pas réellement le pouvoir. Mais ce qu¹elle peut faire, c¹est placer le conflit israélo-palestinien dans le contexte du Moyen-Orient, où les Etats-Unis ne seront pas seulement un médiateur-conseiller qui vient poser quelques idées sur la table et laisse un numéro de téléphone pour ceux que cela intéresserait, mais une puissance avec ses propres intérêts, pour qui le processus de paix israélo-palestinien s'inscrit dans une nouvelle stratégie en termes de sécurité nationale.

Cette ligne pourrait conduire l¹administration américaine à parler directement à la Syrie, entamer un dialogue sérieux avec l¹Iran, s¹assurer qu¹un gouvernement palestinien uni où le Hamas serait partie prenante n¹est pas incompatible avec cette ligne, et décider que l¹initiative de paix saoudienne [devenue initiative de la Ligue arabe, ndt) n¹est pas seulement l¹une des composantes de l¹initiative , mais sa composante la plus importante. Plus important encore, cette ligne pourrait mener la nouvelle administration américaine à dire clairement aux parties que les mesures de renforcement de la confiance ne seront plus une condition préalable à des accords de paix, mais plutôt leur résultat.

Les traités de paix entre Israël et l¹Egypte et la Jordanie n¹ont pas demandé des démonstrations préalables de bonne foi avant d¹être signés. Il y a là un contexte où Israël ne détermine plus seul les conditions de base à remplir, mais les respecte. Voilà l¹innovation qu¹Obama peut proposer s¹il a réellement l¹intention de réussir quelque chose au Proche-Orient et non de se contenter d¹observer des plans qui s¹appliqueraient tout seuls.


(1) Voir par exemple "Sharon et Arafat, partenaires de guerre", par Henry Siegman :


Source Zvi Bar'el -Haaretz – (traduction la paix maintenant.)


 

 

Tag(s) : #Actualité-évènement-politique

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