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 Si impossible n'est pas français, incroyable n'est pas israélien. Pour la première fois depuis 1967, et malgré les mots d'ordre (fermes) de boycott de la quasi totalité des organisations et institutions palestiniennes, le mouktar de Tsour Bahir, village proche de Jérusalem-Est, a annoncé qu'il se présentait aux prochaines élections municipales.
Cette décision, prise par Zohair Hamdan, met fin à une vieille tradition de boycott des élections municipales par les leaders arabes. Les Palestiniens ne reconnaissent en effet pas la souveraineté d'Israël sur aucune parcelle de Jérusalem, et de fait refusent de se rendre aux urnes.
Hamdan, en Yerosolomitain à part entière explique ses motivations: "La ville ne fait rien pour les habitants notamment arabes de l'est de Jérusalem. Ouri Loupolianski (le maire sortant) ne connaît les quartiers de l'est de Jérusalem que de son bureau."
Zohair Hamdan s'était déjà porté candidat il y a cinq ans, mais le boycott d'alors l'avait empêché de récolter suffisamment de voix. Il se présente sans aucune affiliation politique et il s'engage à « travailler pour les Musulmans, les Chrétiens et les Juifs. »
Un Yerosolomitain sur trois est arabe. La quasi totalité de cette population boycotte les élections municipale depuis la réunification de la ville en 1967.
Selon le candidat Hamdan depuis quarante ans, les infrastructures et les services dans les quartiers arabes de l'est de la ville sont toujours en retard par rapport aux quartiers juifs. Ce retard serait en partie imputé à l'incertitude qui règne sur l'avenir politique de cette partie de la ville.
Le porte-parole de l'actuelle municipalité a déclaré que le maire se rendait une fois par semaine dans les quartiers arabes de la ville, et que les fonds destinés à ces quartiers avaient augmenté durant son mandat.
Zohair Amdan, père de famille de 18 enfants, est un vieil adversaire d'Arafat. Il le considère comme un dictateur et un escroc qui a conduit son peuple au désespoir. Il fait connaître sans hésitation qu'il ne souhaite pas que son village, Sur Bahir, soit aujourd'hui oublié de la capitale et pire, abandonné à l'autorité palestinienne. L'homme n'est pas seul puisqu'en 2000 il a réussi à rassembler 12000 personnes (sur 165 000 Arabes) par une pétition qui s'opposait à l'abandon par Israël de ce village attenant à la métropole.
Si parmi la population arabe une très grande majorité soutient le boycott ou ne préfère pas s'exprimer, quelques personnes, de plus en plus nombreuses, n'hésitent pas à clamer qu'elles préfèrent le contrôle israélien comme ce conseiller à la Communauté du Mont des Oliviers ou cet habitant de Gaza qui invite ses proches de Jerusalem à « prier pour que les Israéliens ne quittent pas la ville ».
Le personnage est assez atypique et son aventure démontre que rien n'est blanc et rien n'est noir... Les nuances sont bien plus variées qu'il n'y paraît. Ainsi que dire de la députée qui remplace Yossi Beilin au parti laïc et socialiste Meretz, elle qui est... juive orthodoxe (traditionnaliste) ? N'en déplaise aux manichéens de toute sorte, pour atypique que cela soit, ça n'en est pas pour autant absurde.

Tag(s) : #Actualité-évènement-politique

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