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A Reims, les 14, 15 et 16 novembre prochains, se tiendra le congrès du principal parti d'opposition en France. Le PS, bien que dans la minorité parlementaire, dispose de la majorité dans les pouvoirs « locaux ». Il dirige 20 régions sur 22, plus d'une soixantaine de départements sur cent et la plupart des grandes villes de France.

Fidèle à ses principes le P.S. va débattre, comme tous les deux ans, et cette fois il y a 6 motions qui sont destinées à ne faire qu'une (dans le meilleur des cas...) à l'issue de ce rassemblement.

Les médias mettent en avant les luttes de chefs souvent au détriment des questions de fond qui opposent les uns et les autres. Les six motions s'agglutinent dans un « pavé » du format d'un journal qui totalise plus de 162 pages imprimées en petits caractères.

Ces textes sont destinés à être lus par chacun des 150 000 militants et débattus dans chacune des centaines de sections à travers la France et des représentations françaises à l'étranger (y compris Israël, bien évidemment).

Les principaux thèmes confirment la nécessité de réformer ou de refonder même le parti dans un espace soit plus libéral, soit plus interventionniste (voir marxiste) ; la contestation de la vision sécuritaire de la société mise en place par Nicolas Sarkozy et sa majorité ; une politique environnementaliste plus active.

Curieusement, cette fois ces contributions sont peu prolixes sur l'espace extérieur non européen. Ainsi Israël, les pays Arabes et la « situation proche orientale » tiennent en quelques lignes pour l'ensemble des textes.

Quatre motions n'évoquent même pas cette question. Outre deux contributions limitées pour l'une à une vision écologiste et l'autre à une vision utopiste, le travail réalisé par la « gauche du parti » parmi les signataires duquel se trouve l'ancien responsable des Jeunesses Socialistes Benoît Hamon et le sénateur Jean Luc Mélenchon est consacrée à un rapprochement avec les composantes communisantes (PCF et LCR) de l'échiquier politique. Ce texte revendique une politique étrangère basée sur le multilatéralisme et la rupture d'avec « la stratégie américano dépendante ».

Le texte présenté par Ségolène Royal, candidate aux dernières élections présidentielles, Julien Dray et David Assouline n'éffleure pas le sujet israélien ni les dangers de la politique iranienne d'ailleurs. Pourtant la candidate aux présidentielles s'était rendue en Israël et elle avait alors rencontré Tzipi Livni durant sa campagne.

Les deux seules motions qui « réfléchissent » sur ce sujet restent au demeurant très brèves.

Le texte intitulé « Changer à gauche pour changer la France » est présenté par la maire de Lille, Martine Aubry, qui à l'image de son père, Jacques Delors (ancien président socialiste de la Communauté Européenne) ne passe pour une pro israélienne c'est le moins que l'on puisse dire. La motion de celle qui conçut les «35 heures» est essentiellement soutenue par la grande majorité des élus et notables des deux plus anciennes et plus importantes fédérations du PS (Nord et Pas-de-Calais). Ce travail d'inspiration social démocrate, notion chère aux « chtis socialistes», s'exprime sur la question en quelques lignes que voici : « C. Contre les choc des civilisations, un nouvel internationalisme... Dans cette nouvelle alliance des civilisations que nous prônons, deux questions nous semblent très importantes. La première est celle du règlement du conflit israélo-palestinien, dramatique pour ceux qui en subissent directement les conséquences depuis des décennies, mais aussi pour l'ensemble du monde en alimentant les ressentiments entre les peuples. Des solutions existent. L'Europe et la France doivent pleinement s'engager pour un règlement négocié du conflit israélo-palestinien conforme au résolutions de l'ONU. L'existence et la sécurité de l'Etat israélien et du futur Etat palestinien doivent être garantis. Le départ de l'administration Bush, et, espérons de l'arrivée de Barak Obama aux responsabilités, doivent être mis à profit pour relancer et faire aboutir le processus de paix. »

Enfin il y a la plus médiatisée des motions, celle du maire de la capitale : Bertrand Delanoé. Ce texte intitulé « Clarté, Courage, Créativité : Une gauche conquérante pour redonner un espoir à la France » bénéficie du soutien de nombreuses « célébrités » du parti : François Hollande, Lionel Jospin, Michel Rocard, entre autres. Ce texte «new labour » fait de nombreuses propositions réformistes. Il y est notamment évoqué un engagement clair et renouvelé dans l'Union Méditerranéenne. En matière internationale la contribution inscrit clairement dans sa plate forme : «... Nous devrons aussi nous opposer à ce que l'Iran possède l'arme nucléaire. Au nom de la paix et de la liberté des peuples, nous, socialistes, devrons faire entendre notre voix sur le conflit israélo-palestinien, autour d'une idée simple : la coexistence de deux Etats souverains vivant dans la sécurité. L'Etat d'Israël, avec lequel nous partageons les valeurs de la démocratie, a été créé au nom du droit inaliénable des peuples à disposer d'eux-mêmes. C'est au nom de ce même droit que nous appelons de nos voeux la création rapide d'un Etat palestinien viable. »


Faut il interpéter cette modestie des espaces réservés au débat israélo-palestinien à une normalisation de l'analyse socialiste en la matière ? Est ce la fin des lyrismes pro israéliens des années 50 et pro palestiniens des années 2000 ?

Il est vrai que le monde attend en cette période d'instabilité économique le choix des citoyens américains. Qu'on le veuille ou non le rôle du « partenaire US », même si celui-ci est fragilisé avec la crise financière, est fondamental à l'avenir du Proche Orient. Les socialistes sont aujourd'hui majoritairement engagés dans un parti de gouvernement où le pragmatisme a remplacé le lyrisme d'autrefois.

Jacques Joud - France Israel Amities Echanges. 

Tag(s) : #Actualité-évènement-politique

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