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Une équipe de scientifiques israéliens, palestiniens et allemands ont présenté à l’Université de Jérusalem l’avancement de leurs recherches concernant la tuberculose. Certaines découvertes pourraient permettre dans les prochaines années de mettre au point un nouveau remède plus efficace. Une nouvelle réjouissante sur le plan scientifique, mais qui démontre par ailleurs l’intérêt et le succès des collaborations israélo-palestiniennes.
Des ossements découverts il y a plus de 50 ans à Jéricho pourraient aider une équipe de scientifiques israéliens, palestiniens et allemands à trouver un remède contre la tuberculose.
Ces recherches font suite au travail de l’archéologue britannique Kathleen Kenyon qui dans les années 50, avait procédé à plusieurs fouilles dans la ville de Jéricho et avait fait la découverte d’ossements provenant de milliers d’humains, dont certains datent de 8000 ans.
L’équipe actuelle, menée par le professeur Mark Spigelman, a constaté que ces ossements conservés pendant près de 50 ans dans des cartons au Musée Nicholson de l’Université de Sydney portaient pour la plupart des lésions indiquant que les habitants de Jéricho avaient souffert de tuberculose.
Ces ossements sont alors devenus un matériel scientifique précieux dans le processus de compréhension de la maladie. Des recherches à venir devraient permettre de comprendre comment la maladie s’est développée à Jéricho, une des plus anciennes villes du monde, et quelles ont été les conséquences de la propagation de la maladie, d’un point de vue génétique, qu’il s’agisse de l’ADN humain ou de celui de la bactérie.
S’il est question d’ossements datant de 8000 ans, les implications de ces recherches sont tout à fait actuelles. La compréhension des origines de la maladie pourraient en effet apporter des éléments déterminants concernant les évolutions de la tuberculose, et à terme, permettre de développer des traitements plus efficaces contre cette maladie.
Les perspectives de ces découvertes sont fondamentales pour le monde scientifique international : si elle est moins crainte aujourd’hui, la tuberculose, une maladie qui s’attaque aux poumons, reste à ce jour la plus meurtrière, et fait aujourd’hui encore, près de 3 millions de morts dans le monde.
Ce lundi, les Professeurs Hillel Bercovier, vice-Président pour la recherche et le développement de l’Université Hébraïque de Jérusalem, Ziad Abdeen de l’Université d’Al-Quds, et Andreas Nierlich, de l’Université Ludwig-Maximilians de Munich, ont présenté les premiers résultats de leur travail et les perspectives futures de ces recherches qui devraient se poursuivre encore pendant cinq ans si les financements le permettent.
Cette présentation s’est tenue à l’Université Hébraïque de Jérusalem, en présence de James Larsen, Ambassadeur australien en Israël. Celui-ci a tenu a salué ce « projet scientifique fascinant » et l’esprit de coopération qui l’accompagne, en ajoutant qu’il souhaitait beaucoup de succès à ces équipes, et attendait les résultats des ces recherches avec impatience.
Le Professeur Ziad Abdeen s’est en particulier exprimé sur la nature de cette coopération scientifique et ses implications, laissant à ses collègues le soin de transmettre à un public partiellement scientifique les enseignements de ce projet.
Il a tenu à préciser que la difficulté d’une telle coopération ne devait pas être sous-estimée et a poursuivi ses propos en affirmant que « contrairement aux politiciens qui ne pensaient qu’aux prochaines élections, les scientifiques, eux, pensaient aux générations futures ».
Dans un véritable message de paix et de compréhension réciproque, il s’est exprimé sur les principes qui à ses yeux, régissent toute relation saine : « l’appréciation, le respect et la confiance ». « Sans ces trois critères, cela ne peut pas fonctionner, que ce soit dans un couple, en amitié ou dans un projet scientifique ». Trois critères qui sont manifestement au rendez-vous dans le cadre de cette collaboration, puisque le Professeur Ziad Abdeen a précisé que le nombre de publications faites par l’Université d’Al-Quds avaient augmenté depuis que celle-ci collaborait avec l’Université de Jérusalem.
« Les Israéliens et les Palestiniens sont des frères », a-t-il conclu.
Ce projet s’annonce primordial d’un point de vue scientifique. D’un point de vue humain, il est vecteur d’un message des plus réjouissants.
Source : Hélène David pour Guysen - CCI FRANCE-ISRAEL

Tag(s) : #science-recherche-médecine

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